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Bartleby... the scrivener

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Bartleby... the scrivener

Scribe, clerc… le personnage de Bartleby s’oppose à son patron avec cette formule qui a chagriné les traducteurs ‘I would prefer not to’ (‘J’aimerais mieux pas’) dans un exercice de résistance passive. Cet employé de Wall Street qui finit par ne plus se nourrir que de gâteaux au gingembre nous plonge dans son monde fermé à toute considération existentielle… Dans cette nouvelle de Melville, plusieurs lectures peuvent se faire, allant de l’absurde au tragique, en passant par un certain côté humoristique dans le détachement présenté par le héros de l’histoire.

Bartleby ressemble plus à une traversée de sentiments et de réflexions et, à l’instar du protagoniste qui n’attend rien, il convient de se laisser porter sans rien attendre en termes d’aventure ce qui n’est pas sans être déroutant pour le lecteur. Outre l’aspect philosophique de la fable, on peut aussi se laisser aller à un regard politique, dans la façon notamment dont une personne peut se trouver broyée par un système qui n’offre plus de sens. En réponse, Bartleby ne s’oppose pas, il a cette formule qui lui fait faire un pas de côté tout en le mettant en marge et c’est ainsi qu’il va progressivement s’exclure en douceur. Le retrait comme façon de dire non mais aussi comme négation de soi.

Bartleby n’est pas sans rappeler l’univers kafkaïen et la chute qui confine à l’éloignement du réel, sans pour autant que l’auteur ne fasse référence à la folie, mène à la perte de son héros dans l’anéantissement de son être.

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