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L'art d'écrire

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L'art d'écrire

L'art d'écrire (Ed. Ivres de livres) rassemble les citations de Gustave Flaubert sur l'acte d’écrire, classées par thèmes. En voici quelques unes :

Trouver le sujet : « Un sujet à traiter est pour moi comme une femme dont on est amoureux ; quand elle va vous céder on tremble et on a peur, c’est un effroi voluptueux. » (A Louise Colet – 14 oct. 1846)

Se préparer : «Plutôt ne rien écrire que de se mettre à l’œuvre à demi préparé.» (A Louise Colet – 14 juil. 1847)

Imagination, ou inspiration ? : « Où est la limite de l’inspiration à la folie, de la stupidité à l’extase ? Ne faut-il pas, pour être artiste, voir tout d’une façon différente à celle des autres hommes ? L’art n’est pas un jeu d’esprit. C’est une atmosphère spéciale. Mais qui dit, qu’à force de descendre toujours plus avant dans les gouffres pour respirer un air plus chaud, on ne finit par raconter des miasmes funèbres ? » (A Louise Colet – 1er oct. 1852)

Le style : « Une bonne phrase de prose doit être comme un bon vers, inchangeable, aussi rythmée, aussi sonore. Voilà du moins mon ambition […] » (A Louise Colet – 22 juill. 1852)

Rédiger : « Condense ta pensée, tu sais que les beaux fragments ne font rien. L’unité, l’unité, tout est là. L’ensemble, voilà ce qui manque à tous ceux d’aujourd’hui, aux grands comme aux petits. Mille beaux endroits, pas une œuvre. Serre ton style, fais-en un tissu souple comme la soie et fort comme une cotte de maille. » (A Louise Colet – 14 oct. 1846)

« Tout le talent d’écrire ne consiste après tout que dans le choix des mots. C’est la précision qui fait la force. Il en est en style comme en musique : ce qu’il y a de plus beau et de plus rare c’est la pureté du son. » (A Louise Colet – 22 juill. 1852)

Chercher la perfection : « Ne négligez rien, travaillez, refaites et ne laissez l’œuvre que lorsque vous aurez la conviction de l’avoir amenée à tout le point de perfection qu’il vous était possible de lui donner. » (A Louise Colet – fin nov. 1847)

Les joies de l’écriture : « C’est donc quelque chose de bien atrocement délicieux que d’écrire, pour qu’on reste à s’acharner ainsi en des tortures pareilles, et qu’on n’en veuille pas d’autres. Il y a là-dessous un mystère qui m’échappe ? La Vocation est peut-être comme l’amour du pays natal (que j’ai peu, du reste), un certain lien fatal des hommes aux choses. » A Louise Colet (29 janv. 1854)

Quand le livre est fini : « Un livre est un organisme. Or, toute amputation, tout changement pratiqué par un tiers le dénature. Il pourra être moins mauvais, n’importe, cela ne sera plus lui.»(A Charles-Edmond Chojecki – 12 mars 1872)

Le livre idéal : « Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style […] (A Louise Colet – 16 janv. 1852)

« Une œuvre n’a d’importance qu’en vertu de son éternité, c’est-à-dire que plus elle représentera l’humanité de tous les temps, plus elle sera belle. […] » (A Hippolyte Taine – 14 juin 1867)

L’art d’écrire reprend la correspondance entre Flaubert et sa maîtresse, Louise Colet, écrivain et poétesse de dix ans son aînée. L'auteur de Madame Bovary qui préférait l'écriture à l'amour et prônait la mise à distance des sentiments tout en se reprochant de n'avoir pas su le faire y prodigue des conseils, sans manquer toutefois d'auto-critique.

Pour en savoir plus sur le rapport qu’entretenait Flaubert avec le désir mais aussi la sexualité, en particulier dans sa relation à Louise Colet… lire le texte suivant :

http://flaubert.revues.org/968

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