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Rose : histoire d'une couleur

Publié le

Dans la série de livres sur les couleurs de Michel Pastoureau, historien et spécialiste des couleurs, 'Rose : Histoire d'une couleur' (Ed. Seuil) est le septième, après celui sur le Bleu, le Noir, le Vert, le Rouge, le Jaune et le Blanc.

Pour la science, le rose ne sera pas considéré comme une couleur mais plutôt une nuance de rouge. Au XVIIIe siècle, le rose devient un mélange de rouge et de blanc.

Souvent mal aimé, le rose n'est généralement pas choisi comme couleur préférée... sauf sous le Second Empire ou à la Belle Epoque, périodes où les jeunes et jolies femmes en font leur couleur favorite. Et, en Italie où la vogue du rose traverse le XVe siècle. C'est d'ailleurs au cours de ce même siècle qu'apparait en peinture, à la fois à Milan et à Paris, la recette pour faire du rose .

En France, au XVIIIe siècle la couleur rose est autant portée par les hommes que par les femmes. C'est Madame de Pompadour qui lancera la mode du rose à la cour de France avant qu'elle ne soit imitée par les cours étrangères. A la même époque est né le nom 'couleur de rose', les horticulteurs ayant pu créer des roses roses : c'est ainsi que la fleur a donné son nom à la couleur rose.

« A partir des années 1770, non seulement en France mais dans une large partie de l’Europe, le rose semble tout envahir, le décor, le mobilier, le costume, les arts, le théâtre, la littérature, du moins dans la société élégante, mondaine et cultivée. Partout c’est une explosion de tons roses… »

En littérature, on trouve chez Goethe*, dans 'Les souffrances du jeune Werther' une héroïne, Charlotte, qui y est décrite portant "une robe blanche, avec des nœuds de ruban de couleur rose...". Dans 'Julie ou la Nouvelle Héloïse', de J.J. Rousseau, le teint de Julie a une "fraîcheur de rose".

Au début du XIXe siècle, la couleur rose devient exclusivement féminine, plus aucun homme ne porte du rose.

Si l’expression « voir la vie en rose » apparaît vers 1830, celle de littérature « à l’eau de rose » voit le jour aux alentours de 1880. Dans la seconde partie du XIXe siècle, le rose ne fait plus rêver, il est synonyme de mièvrerie.

A la candeur évoquée par le rose d’une époque romantique succéderont d’autres couleurs (Cf. Stendhal – Le rouge et le noir).

       ''La couleur n'a aucun sens pour l'intelligence, mais elle a tous les pouvoirs sur la sensibilité." E. Delacroix

'Rose', un bel ouvrage pour une belle couleur ! 

*  Goethe avait publié un Traité des couleurs (1810) dans lequel il évoquait le lien entre couleurs et émotions.

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